ASSOCIATION HAGIA KYRIAKI, NAXOS, GRECE
RESTAURATION DE L'EGLISE ET DE SON DECOR PEINT
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Résumé du projet

ÉGLISE BYZANTINE DE HAGIA KYRIAKI À NAXOS – GRÈCE








PROJET DE CONSERVATION- RESTAURATION

DE L'ÉDIFICE ET DE SON DÉCOR PEINT


 Introduction

À la suite d’une prise de conscience du danger de disparition qui menace une partie du patrimoine culturel grec et en particulier les petites églises typiques des Cyclades, situées dans un paysage bien préservé, les associations J. - G. Eynard, à Genève et les Amitiés gréco-suisses, à Lausanne, ont décidé, en 1993 déjà, d’entreprendre une action de sauvegarde d’une chapelle particulièrement intéressante : celle de Hagia Kyriaki à Naxos. Ce choix s’est fait d’entente avec la 2e Éphorie des monuments byzantins de Grèce, lors d’une mission d’exploration sur place.





Carte de Naxos indiquant les principaux sites byzantins. L'église Hagia Kyriaki est située à Kalloni, n° 34, au nord-est d'Apeiranthos. (Mosaics Wall Painting, Byzantine Art in Greece, Mellissa, Publishing House, 1989)

L’intérêt exceptionnel de ce petit monument réside dans ses décors peints, datés du début du IXe siècle, exécutés en pleine controverse entre les tenants de la représentation figurative et les iconoclastes. Le décor aniconique de cet édifice est un témoin très rare de cette courte période pendant laquelle le rejet des icônes a eu le dessus. Sa conservation constituerait une action importante de sauvegarde de ce patrimoine rare et fragile.
 
Dans ce but, les deux associations ont financé deux expéditions chargées d’établir le diagnostic de l’état de conservation des décors peints et du bâtiment. Cette approche s’est terminée par le dépôt d’une étude – établie par Yannis Kizis, architecte à Athènes, et Eric-J. Favre-Bulle, conservateur-restaurateur à Lausanne – auprès du Ministère grec de la culture, qui l’a approuvée.

Afin de pouvoir passer à la phase de réalisation du projet, une nouvelle association "Hagia Kyriaki, Naxos" s'est constituée, indépendante des deux associations précitées.


 
L'église vue depuis le sud


Valeur et état de conservation du bâtiment

C’est à Naxos, l'une des îles de la mer Egée, qu’a été conservée la majorité des quelque vingt églises de Grèce dotées d’un décor peint aniconique. Parmi celles-ci, l’église de Hagia Kyriaki (Sainte- Kyriaki), située à une heure de marche d’Apiranthos, se distingue par les peintures géométriques et à thématique symbolique qui décorent ses parois intérieures. Exécuté alors que l’Empire byzantin se partageait entre les tenants de la représentation figurative et les iconoclastes, dont la doctrine prévaut des années 730 à 787 et de 815 à 843, le décor aniconique de cet édifice est un témoin très rare et en partie unique de cette période. Il a attiré l’attention des historiens de l’art, qui l’ont attribué au règne de l’empereur Théophile (829-842). De plus, par une chance exceptionnelle, ce décor d'origine a subsisté presque intact jusqu'à nos jours, protégé qu'il était par une couche d'enduit et un décor peint plus tardifs. Un lent processus de dégradation est toutefois en cours et menace de disparition ces peintures exceptionnelles. Leur conservation constituerait une action importante de sauvegarde de ce patrimoine rare et fragile.
 
Hagia Kyriaki, église de dimensions modestes (11.10 m x 7.10 m, voir plan en annexe, p. 11), est composée d’une nef principale avec coupole, d’une chapelle collatérale voûtée, au sud, et d’un narthex commun, également voûté, sur le côté ouest. La nef et la chapelle se terminent vers l’est par des grandes absides semi-cylindriques. Les murs sont construits en pierres locales grises non façonnées. Le mortier des joints, exposé aux intempéries, ne subsiste qu'en profondeur.
 
L’église, durant sa vie plus que millénaire, a subi des sérieux dégâts, altérations et usures qui ne semblent toutefois pas critiques pour son intégrité statique, pour autant que des interventions de réparation et de rétablissement de son équilibre constructif et structurel puissent être entreprises rapidement.
 
Les principaux désordres que présente le bâtiment se situent au niveau de la coupole et de son assise, de la maçonnerie des voûtes du narthex et de la chapelle, ainsi que des finitions de ses surfaces extérieures. Les couvertures sont presque entièrement détruites, les tuiles ont disparu et celles des dalles en schiste qui subsistent se sont déplacées. Ceci entraîne des venues d’eau importantes à l’intérieur du bâtiment et, par voie de conséquence, la dégradation des enduits et de leur décor peint.
 
Des tassements et écartements de certains murs entraînent des fissures plus ou moins importantes au niveau des voûtes et du mur sud ; le crépi extérieur d’origine a presque entièrement disparu, ce qui confère au monument une apparence de pierre sèche, et, en même temps, favorise la pénétration de l’humidité. Les revêtements des sols, les portes et les fenêtres ont disparu depuis longtemps.


Vue de la nef principale, vers l’abside


Travaux de consolidation du bâtiment
 
Si l’on veut que la restauration du décor peint ait un sens et des chances de se conserver durablement, il est indispensable de corriger les désordres constatés au niveau du bâtiment et de créer des conditions climatiques et physiques propices à cette conservation.
 
 
Le concept adopté pour cette intervention consiste à accepter l’état actuel du monument, que le temps et les intempéries ont façonné, tout en prenant les mesures techniques nécessaires pour garantir le rétablissement du système statique, l’évacuation efficace et rapide des eaux de surface, la suppression des venues d’humidité ainsi que la bonne ventilation de l’édifice.
 
Il s’agira notamment de consolider les voûtes du narthex et de la chapelle, ainsi que de stabiliser les murs porteurs de ces éléments ; de colmater les joints des murs en maçonnerie pour assurer étanchéité et stabilité ; de reconstruire les zones détruites de l’assise de la coupole et de consolider le tout ; de refaire les couvertures en complétant les dalles en schiste et, enfin, de compléter le dallage du sol intérieur.


Décor non figuratif (730-842 apr. J.-C.)), d'exceptionnelle qualité, de l'abside


Le décor peint

Les travaux préparatoires in situ, qui se sont déroulés du 14 octobre 1996 au 22 octobre 1996, ont couvert l’identification des couches présentes dans l’église, l’examen détaillé des altérations pour établir le diagnostic de l’état de conservation des décors peints et leurs subjectiles, ainsi que les travaux de conservation curative d’urgence. 

Identification des couches
 
Sur les cinq principales étapes mises au jour au cours de nos examens et investigations, seules la deuxième et la quatrième ont reçu un décor pictural. La deuxième étape désigne la phase dite aniconique (VIIIe - IXe siècle), pendant la période iconoclaste; elle couvre l’abside, le sanctuaire, la partie centrale et les intrados des arcs. La quatrième étape comprend les décors figuratifs du XIIe siècle qui recouvrent ponctuellement le décor de la deuxième étape, notamment dans l’abside et le cul-de-four de l’absidiole; l’iconostase, avec sa face occidentale ornée d’une représentation peinte de la Vierge, est vraisemblablement édifiée lors de cette étape .

Examens diagnostiques

Les principales altérations des décors peints sont dues notamment aux anciennes infiltrations d’eau ; ces dernières ont provoqué des détachements de l’enduit et de la pellicule picturale ainsi qu’une formation importante de carbonate de calcium sur les surfaces (sous la forme d'un voile blanc), hormis la paroi semi-circulaire de l’abside, protégée par la couche de la quatrième étape.

Les traitements de conservation curative et préventive à effectuer sont essentiellement des opérations de fixage pour assurer l’adhérence de la pellicule picturale et de l’enduit à leur support ; ces opérations devraient être engagées sans attendre afin que les décors peints soient protégés et mis hors de danger avant toute autre intervention qui touche à l’édifice.

Concept d'intervention

La suppression du voile blanc appartient certes aux travaux de restauration – et non de conservation – qui visent à mettre en valeur les décors peints; il ne faut cependant pas oublier qu’à long terme, un aspect et une vision médiocres des peintures peuvent entraîner une certaine négligence qui peut provoquer des insuffisances d’entretien, voire des dommages irréparables.

Au regard des qualités remarquables de l’église et du caractère exceptionnel des décors peints, chaque phase doit être en principe conservée, même les réparations de la cinquième étape qui demeurent un témoin des pratiques d’une certaine époque. C’est pourquoi les notions d’origine et d’authenticité ne sauraient en l’occurrence guider et définir le concept d’intervention. Les différentes étapes de décors peints peuvent tout à fait cohabiter; c’est pourquoi, hormis les mesures de conservation et la suppression du voile blanc – ponctuelle ou totale selon les moyens mis à disposition – il convient d’intervenir avec la plus grande retenue dans les parties lacunaires où, d’une part, les objectifs adoptés à l’extérieur devraient grosso modo se rencontrer à l’intérieur et, d’autre part, le critère de conservation devrait intervenir avant le critère esthétique.




Décor figuratif du XIIe siècle, dans l'absidiote


Environnement. Ecotourisme. Développement durable

Du village d’Apiranthos, un ancien chemin muletier (kalderimi), construit en dalles de marbre local, mène à l’église. Il traverse des pâturages, qui furent autrefois voués à la culture céréalière, ainsi qu’en témoigne l’aire de battage située sur le sentier même. À l’écart des grands axes de circulation et des lieux à forte sollicitation touristique, l’environnement de l’église a conservé toute sa beauté d’origine. Dès lors, la sauvegarde de ce magnifique environnement fait partie intégrante du projet et constitue une préoccupation constante du comité.



L'église telle qu'elle se présente dans son environnement intact

 
Les travaux de restructuration du kalderimi ont commencé grâce aux fonds de développement de l’Union européenne, ce qui assure à long terme l’accessibilité du lieu.
La sauvegarde et la restauration de l’église s’inscrivent dans le développement du tourisme pédestre, qui permettra de rendre vie à cette région, comme à d’autres dans l’île.
La mise en valeur de l’édifice sera un atout majeur pour ce développement et contribuera à procurer certains emplois dans le village (guides pour le parcours pédestre, gardiennage, restauration, hébergement pour écotourisme).
 
Les travaux de restauration de l’église et de sauvegarde de son décor peint devront être accompagnés d’une mise en ordre des abords immédiats et de la mise en place d’une clôture efficace contre les animaux. Le tout devra être intégré dans un programme général de protection de ce site remarquable, pour lequel il existe un projet, auquel notre association a contribué, et qui est mené actuellement par la commune et l’Ephorie.
Il est également question d’inscrire le monument dans un périmètre plus grand de parc archéologique industriel relatif à des anciennes carrières d’émeri, uniques au monde, situées à proximité. A ce propos, rappelons que le sentier qui mène à Hagia Kyriaki est la « route de l’émeri », qui conduisait les mineurs d’Apiranthos aux mines. La réalisation de ce grand projet (route, site, musée) d’archéologie industrielle a déjà commencé.


 Un de chemin muletiers qui mènent à l'église


Le projet. Les contacts. La réalisation
 
Séduites par le caractère exceptionnel et la valeur historique de ce petit monument, les deux associations philhellènes ont financé deux expéditions chargées d’établir le diagnostic de l’état de conservation des décors peints et du bâtiment et d’en faire le relevé. Cette approche s’est terminée par le dépôt d’une étude – établie par Yannis Kizis, architecte à Athènes, et Eric-J. Favre-Bulle, conservateur-restaurateur à Lausanne – auprès du Ministère grec de la culture, qui l’a approuvée. A la suite de cela et grâce à l’importante contribution financière d’une fondation, il a été possible de déposer auprès des Autorités un dossier détaillé de demande d’autorisation d’entreprendre les travaux. Sur cette base, celles-ci ont délivré le permis d’entreprendre les travaux projetés. De son côté, le service grec de la restauration a déposé un projet de conservation et de mise en valeur des peintures murales, se basant pour cela sur l'étude réalable de M. Eric Favre-Bulle.
 
La restructuration du sentier muletier est une œuvre placée sous la responsabilité de la Commune de Drymalia, à laquelle appartient le village de Naxos. Nous sommes en contact constant et direct avec M. Ioannis Bardanis, maire de Drymalia, et d’autres membres du conseil communal, ainsi qu’avec M. Manolis Glézos, ancien député et personnalité éminente du monde politique et culturel grec, qui soutient notre projet. A l’Ephorie (surintendance des monuments), nous avons des contacts suivis avec les éphores depuis Mme Photini Drossoyanni, Mme Nicki Tselendi, M. Charalambos Pennas, Mme Ecatérini Dellaporta, ainsi qu’avec le personnel de l’Ephorie détaché sur l’île.



La principale tâche à laquelle s'est attelé le comité, ces dernières années, fut celle de la recherche de fonds. En cours de route, Elliniki Etairia - importante association grecque pour la sauvegarde du patrimoine bâti et de l'environnement naturel - est devenu notre précieux partenaire aussi bien pour la recherche de fonds que, actuellement, pour le suivi administratif du chantier.

Compte tenu de la somme finalement recoltée et des exigences de l'Ephorie des antiquités byzantines concernant l'ampleur des travaux, le comité, d'entente avec Elliniki Etairia, a pris la décision de consacrer la totalité des fonds disponibles à la restauration de l'édifice, laissant au service grec de la restauration le soin de restaurer et de mettre en valeur le décor peint.

 

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Extraits du rapport n° 1 décembre 1997- avril 1998, Hagia Kyriaki, Apiranthos, Naxos, Grèce ; projet de conservation et de restauration du bâtiment et de son décor peint, commission pour la restauration de l'église de Hagia Kyriaki ; architectes-restaurateurs Yannis Kizis et collaborateurs à Athènes, conservateurs-restaurateurs Eric-J. Favre-Bulle, Atelier Saint-Dismas à Lausanne ; Association Gréco-Suisse J.G. Eynard à Genève et Association des Amitiés gréco-suisses à Lausanne.






 
 


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